Le laboratoire du temps qui passe

L'année 2020 a vu la création du Laboratoire de psychanalyse nomade, créé avec Hervé Mazurel, historien des sensibilités, dans le cadre duquel nous avons réalisé une collecte de rêves de confins. Ce recueil de rêves produits pendant le premier confinement a donné lieu à une restitution à la Bibliothèque Nationale de France, à l'initiative du responsable du département psychologie et sciences sociales: Jérémy Chaponneau. 

En 2021, notre initiative se transforme en Laboratoire du temps qui passe, un groupe de travail qui réunit psychanalystes et chercheurs en sciences sociales, notamment histoire, sociologie et anthropologie. Ce collectif de recherche a pour perspective de réouvrir le dialogue entre nos disciplines dans ces temps où de nouvelles formes de résistances apparaissent, à la fois à la psychanalyse, mais également de la psychanalyse, relançant ainsi la question de sa transmission, de sa transformation et de sa place dans le social. 

Au principe du laboratoire, il y a le désir partagé d'articuler pleinement, comme y invitait Cornélius Castoriadis, la psyché individuelle au social-historique. De là, la nécessité de nous installer aux confins de nos disciplines, d'explorer leurs bords et leurs frontières, de les éclairer depuis ces marges pour produire, dans la pluralité de nos discours, la levée de quelques refoulements de nos raisons disciplinaires et relancer ainsi chemins de passe, dépaysements et hybridations. 

En arpentant logiques et traditions héritées, ce dispositif vise au renouvellement de nos questionnements et de nos pratiques ainsi qu'à des formulations qui viendraient nous surprendre, prises dans le rapport singulier de chacun au savoir. 

Le laboratoire du temps qui passe est un groupe de travail accueilli par Espace analytique, association de formation psychanalytique et de recherches freudiennes, fondée en 1995 par Maud Mannoni.